Comme plusieurs soirs par semaine, ils se retrouvent dans sa chambre après le lycée. Dehors des explosions, des sirènes, des cris... La tension sociale qui bout depuis des années serait-elle sur le point d'exploser ? Dans la chambre éclairée par les gyrophares, plus de réseau ni d'internet, les ampoules sautent et l'angoisse monte. Le désir aussi. Mêlant fin du monde et langueur qui éclot entre deux corps, Joanne Richoux signe un Ardeur étourdissant.
Son écriture, brute et précise, tisse un roman à la justesse glaçante.
L'histoire se déroule pendant la Seconde Guerre mondiale en Marsovie, riche principauté d'Europe centrale. Alexandre de Rocoule, gérant du luxueux hôtel d'Arden, homme à femmes dont la gaieté a quelque chose de féroce, et Salomon Lengyel, veuf sérieux et solitaire, sont liés par une passion commune : l'opérette. Depuis 1917, ils ont écrit ensemble une quantité impressionnante de pièces en trois actes, inachevées car ils ne sont jamais d'accord sur la scène finale. Pendant qu'ils travaillent sans relâche, la bête nazie rôde autour de la Marsovie sur laquelle elle ne va pas tarder à poser la patte. Les persécutions de Juifs commencent. Le danger devient pressant pour Salomon, pour sa fille Esther et pour Alex. Et si la composition d'une dernière opérette était le seul moyen de leur sauver la vie ?