" Inassouvi, notre besoin d'amour. Inassouvi, notre besoin d'ancrage. Inassouvi, notre besoin de refuge. Inassouvis, nous survivons..." Betty passe son temps à observer les moindres faits et gestes de ses voisins et porte toute son attention sur une vieille dame dont la solitude, plus grande encore que la sienne, l'émeut. A la mort de cette étrange amie, Betty sombre dans une profonde mélancolie. Et sa rencontre avec "l'ami" vient trop tard. Seule la musique peut faire entendre le vide d'une existence, la douleur de l'inassouvissement... Atypique, l'écriture de Fatou Diome a un caractère envoûtant et musical. Elle hante nos solitudes comme le jazz et la kora.
"Cette histoire est arrivée dans un tout petit village d'Afrique de l'Ouest. Mon village n'a pas de nom. On l'appelle le "Village".Moi, je l'appelle "le néant". Aujourd'hui, je suis le nouvel instituteur de mon village. Et chaque jour, j'ai de moins en moins d'élèves. Ils disparaissent un à un dans une étrange bâtisse blanche, d'où ils ressortent avec de l'argent. Il faut que j'aille les chercher pour les ramener à l'école."