Ce roman est inspiré d'un crime sauvage commis dans un quartier populaire de Tunis dans les années 70 : un jeune homme d'une vingtaine d'années avait brûlé sa mère veuve sous la pression des habitants du quartier qui l'accusaient de prostitution clandestine... Mais l'auteur a choisi la décennie 2000 comme cadre pour les événements de son roman. En effet, cette décennie était marquée par des crises sociales et politiques qui allaient conduire à la chute du régime de Ben Ali. Le héros du roman est un de ces milliers de jeunes touchés par les crises. Sa mère, une très belle femme, qui a consommé un mariage sans amour, est constamment persécutée par les habitants du quartier qui se plaisaient à empoisonner sa vie, l'accusant surtout de prostitution clandestine ; cela ne tarde pas à provoquer une violente confrontation entre la mère et le fils qui finit par un crime odieux.
Hassouna Mosbahi est né en 1950 à El Ala (Tunisie) où il vit aujourd’hui après avoir passé vingt ans en Allemagne. Auteur reconnu de langue arabe, il a publié nouvelles et romans plusieurs fois primés. Il est aussi critique littéraire, traducteur et journaliste. Traduite en anglais et en allemand (Retour à Tarchich a reçu en 2000 le Prix de la Ville de Munich), son œuvre a été récompensée en 2016 par le Prix Mohamed Zaf Zaf pour le roman arabe. Pas de deuil pour ma mère est son premier roman à paraître en langue française.
La décolonisation faite, cet essai de compréhension du rapport Noir-Blanc a gardé toute sa valeur prophétique : car le racisme, malgré les horreurs dont il a affligé le monde, reste un problème d'avenir.
Il est ici abordé et combattu de front, avec toutes les ressources des sciences de l'homme et avec la passion de celui qui allait devenir un maître à penser pour beaucoup d'intellectuels du tiers monde.
Frantz Fanon (1925-1961)
Né à Fort-de-France, il s'engage dans les Forces française libre en 1943, puis étudie la médecine, la philosophie et la psychologie à Lyon. Il devient médecin-chef de l'hôpital psychiatrique de Blida, mais il est expulsé d'Algérie en 1957 et s'installe à Tunis où il reste lié avec les dirigeants du GPRA. Il meurt d'une leucémie après avoir publié deux autres ouvrages consacrés à la révolution algérienne et à la décolonisation.