Les récits regroupés dans ces Jours de Kabylie apparaissent tels d'indispensables compléments au Journal de Mouloud Feraoun et aux situations géographiques et narratives de son œuvre romanesque. Les illustrations de Charles Brouty, fin connaisseur de l'Algérie, ne sont pas de simples "mises en images" mais s'intègrent véritablement au texte pour s'y fondre et lui donner du relief. Les visions des deux auteurs, l'artiste et l'écrivain, se mélangent ainsi et donnent à ce livre toute sa saveur ; l'évocation de la Kabylie, de ses paysages comme de ses habitants, y prend une dimension aussi pudique et sensible que poignante.
Ces "propositions pour le prochain millénaire" sont une formidable leçon de littérature. De Lucrèce à Henry James, l'auteur suggère que les chefs-d'oeuvre littéraires peuvent tous être lus à travers le prisme de cinq valeurs : légèreté, rapidité, exactitude, visibilité, multiplicité. Italo Calvino devait donner ces Leçons américaines à l'université de Harvard peu avant sa disparition. Elles constituent son héritage intellectuel et artistique.
"Je pleure jamais. [...] Si je pleure pas, ils savent pas que j'ai de la peine. Alors ils peuvent pas me faire du mal. Personne peut me faire pleurer non plus. Même mon papa quand il me bat."
À six ans, Sheila a déjà un lourd passé. Abandonnée par sa mère sur une aire d'autoroute, brutalisée par son père, elle ne connaît que la douleur et l'effroi. Le jour où elle bascule à son tour dans la violence en ligotant un camarade à un arbre pour y mettre le feu, elle est arrêtée par la police qui ne peut rien pour elle, pas plus que l'hôpital psychiatrique.
C'est cette enfant sauvage, terrifiée et terrifiante, que Torey Hayden va petit à petit apprendre à apprivoiser et à aimer. Car derrière le masque de la peur se cache une petite fille intelligente et pleine de vie qui, en s'autorisant à pleurer, se donnera enfin le droit de rire.
"Un rideau magique, tissé de légendes, était suspendu devant le monde. Cervantes envoya don Quichotte en voyage et déchira le rideau. Le monde s'ouvrit devant le chevalier errant dans toute la nudité comique de sa prose...... c'est en déchirant le rideau de la préinterprétation que Cervantes a mis en route cet art nouveau ; son geste destructeur se reflète et se prolonge dans chaque roman digne de ce nom ; c'est le signe d'identité de l'art du roman."