« Bir el Abd se préparait pour la venue du gouverneur. La dernière fois qu’un officiel les avait honorés de sa visite remontait à plus de quinze ans, cette visite avait d’ailleurs été la seule depuis que le pays avait conquis son indépendance. Aussi l’événement était-il majeur et pour l’occasion la petite ville s’apprêtait comme une future mariée pour sa nuit de noces. Tos et tous avaient été mis à contribution : les femmes pour assembler les drapeaux, les hommes pour jouer dans la fanfare, les enfants pour chanter l’hymne et les jeunes pour nettoyer l’avenue. Sous la surveillance de l’adjoint au maire, ceux-ci furent ainsi chargés de balayer, désherber, redresser les lampadaires et remplumer les palmiers. Cette opération étant la plus délicate, elle fut réservée pour le jour de la visite car il s’agissait d’accrocher des palmes fraîches aux extrémités dégarnies afin de leur redonner l’apparence d’arbres dignes de ce nom.
Le gouverneur qu’ils attendaient avec impatience venait juste d’être nommé à son poste et on disait de lui qu’il était aussi jeune qu’enthousiaste, ce qui expliquait sans doute la tournée des villes et des villages de son gouvernorat inclue Bir el Abd.
Dès le matin, les musiciens prirent place sur une estrade que l’ont avait montée devant la mairie tandis sur les enfants s’assirent sagement sur les bancs. Le gouverneur avait annoncé sa visite pour dix-heures et tous ou presque se préparaient à l’accueillir.
L’attente fut longue. »
"J'ai voulu ce livre comme un acte de remerciement. Pour dire simplement ce que je dois au livre. Ce que, tous, nous devons au livre. Plus nécessaire que jamais, face au brouhaha du monde, au temps chaque jour un peu plus refusé, à l'oubli de soi, et des autres. Pour le plus précieux des messages, dans le temps silencieux de la lecture : qu'il est en chacun de nous un royaume, une dimension d'éternité, qui nous fait humains et libres. "
M. L. B.
Des pages passionnées, aimantées par la confiance dans la puissance émancipatrice de la fiction - Le Monde
Michel Le Bris est l'auteur d'une œuvre romanesque importante. On lui doit entre autres, L'Homme aux semelles de vent, La Beauté du monde (finaliste du prix Goncourt) et Kong. Il a reçu en 2019 le Grand Prix de littérature (Henri Gal) de l'Académie française pour Pour l'Amour des livres et l'ensemble de son œuvre.
Cent ans séparent Herbjørg de son arrière-grand-mère. Cent ans d'histoire, d'amours, de déchirements, durant lesquels quatre générations de femmes se passent en flambeau la honte familiale. À travers les passions et luttes silencieuses de ses ancêtres, dans le cœur aride des îles Lofoten, Wassmo reconquiert la douleur des origines. Pour naître à soi-même, enfin.
" Conteuse puissante et déterminée, Herbjørg Wassmo s'inscrit dans une tradition d'écriture féminine scandinave qui n'a pas froid aux yeux et empoigne la fiction avec une vigueur rayonnante. " Libération
" Cent ans est une œuvre intime et charnelle autant qu'une épopée éblouissante et déchirante." Télérama