Lorsque Zilia abat son mari dont elle subit les coups, elle trouve refuge chez son frère Hamza. Commence alors une fuite éperdue. Dans le nord de l'Albanie subsiste en effet le Kanun, une loi du Talion implacable : la famille du mari commandite l'assassinat de la jeune femme et de son frère. Zilia se terre près d'une gigantesque décharge à ciel ouvert. Mais comment vivre dans cette poubelle de l'Europe, zone de non-droit sous l'emprise de la mafia qui y organise l'enfouissement illégal de produits toxiques ? Il ne reste à Zilia, comme à son frère, que l'espoir d'un exil. Dans ce roman à la tension haletante, l'auteur nous plonge dans les réalités profondes de la société albanaise à travers le portrait d'une jeune femme terriblement émouvante.
Pour se défendre dans un procès qu'il s'intente à lui-même, l'auteur fait défiler au galop un passé évanoui. Il va de l'âge d'or d'un classicisme qui règne sur l'Europe à l'effondrement de ce "monde d'hier" si cher à Stefan Zweig. De Colbert, Fouquet, Bossuet ou Racine à François Mitterrand, Raymond Aron, Paul Morand et Aragon. Mais les charmes d'une vie et les tourbillons de l'histoire ne suffisent pas à l'accusé : "Vous n'imaginiez tout de même pas que j'allais me contenter de vous débiter des souvenirs d'enfance et de jeunesse ? Je ne me mets pas très haut, mais je ne suis pas tombé assez bas pour vous livrer ce qu'on appelle des Mémoires."