Ce livre commence comme le récit, remarquablement écrit, de la révolution tunisienne. Mais peu à peu, il devient essai. Et il nous propose alors une réflexion audacieuse et originale sur le paradoxe de ce peuple qui met à la porte un dictateur pour élire un régime islamiste autoritaire. Emna Belhaj Yahia remonte aux sources des événements qui agitent son pays. Et on reste désarmé devant la contradiction entre le désir de démocratie et de développement, et la libération des pires haines contre l'école moderne, l'interrogation sur soi, le libre examen, vus comme des inventions de l'Occident.
Passionnant et inquiétant.
Nouvelle édition revue et augmentée de compléments de textes traduits par Mirèse Akar. Préface à l'édition russe traduite par Laure Troubetzkoy en 1991