L’islam découvre la modernité occidentale au XIXe siècle et veut être pleinement de son temps, c’est-à-dire moderne. Mais une civilisation puissante, forte d’une tradition qui avait durant des siècles tout préformé, du quotidien des gens à la vie de l’esprit, ne peut céder sans négocier. Aussi, prend-elle le soin de dissocier la modernité de sa matrice occidentale. C’est la condition pour que l’insertion dans la modernité ne soit pas perçue comme un renoncement. C’est ainsi que l’islam invente une modernité, à sa mesure. Il l’a conçue à la carte, guidé en cela par une intuition forte : se préserver dans son être…
1833. Vainqueur d'un duel pour défendre l'honneur de la baronne Cara von Amprecht qu'il est sur le point d'épouser, le comte Alexander Korvanyi quitte l'armée impériale. Le couple part rejoindre son domaine situé aux confins de l'empire d'Autriche, en Transylvanie, poudrière où fermentent les injustices et les légendes. Là, ils atteindront les frontières incertaines de la puissance et du crime.
"J'ai entrepris cet inventaire de la condition du Colonisé d'abord pour me comprendre moi-même et identifier ma place au milieu des autres hommes... Ce que j'avais décrit était le lot d'une multitude d'hommes à travers le monde. Je découvrais du même coup, en somme, que tous les colonisés se ressemblaient ; je devais constater par la suite que tous les opprimés se ressemblaient en quelque mesure."Et Sartre d'écrire : "Cet ouvrage sobre et clair se range parmi les "géométries passionnées" : son objectivité calme, c'est de la souffrance et de la colère dépassée."Cet essai est devenu un classique, dès sa parution en 1957 : il soulignait combien les conduites du colonisateur et du colonisé créent une relation fondamentale qui les conditionne l'un et l'autre.